Peintures Tone Pro – Notre avis

Games Workshop vient de sortir ses peintures « les plus vives jamais créées ». Après quelques jours d’utilisation en boutique, on vous dit ce qu’on en pense : une très bonne peinture, enfermée dans le même pot qu’on maudit depuis quinze ans, et vendue au prix fort.

150 peintures, un système

Warhammer Tone Pro, c’est 30 couleurs déclinées chacune en 5 tons numérotés, du 1 (le plus sombre) au 5 (le plus clair). L’idée est simple : on fait la base au 3, les ombres au 1 ou 2, on éclaircit au 4 et 5, sans devoir deviner quel pot va avec quel autre. La gamme s’accompagne d’un Shading Medium, qui transforme n’importe quelle teinte en lavis ou en glacis, d’un Blending Medium qui ralentit le séchage, et de quatre nouveaux pinceaux à brossage à sec.

Précision importante : Tone Pro ne remplace pas la gamme classique (Base, Layer, Shade…), elle vient s’y ajouter. Ce principe n’a rien d’inédit : Army Painter le fait depuis plusieurs années avec ses Warpaints Fanatic, organisées en triades. Games Workshop rattrape ici la concurrence plus qu’il ne l’invente.

Ce qui nous a convaincu·e·s

  • Des couleurs qui claquent. C’est le premier constat de toute l’équipe : les teintes sont vibrantes et saturées, nettement plus que les Layer, que beaucoup trouvent assez ternes. La palette est assez variée, avec quelques nouveautés bienvenues comme un magenta et un vert acide.
  • Une vraie couvrance. Les couleurs difficiles (blanc, jaune, rouge, orange) couvrent bien mieux que tout ce que Citadel proposait jusqu’ici. Attention toutefois à la promesse « une couche suffit » : sur sous-couche noire, nos tests montrent qu’il en faut quand même deux ou trois pour un aplat parfait. Mais elles restent lisses, sans aspect crayeux ni traces de pinceau.
  • Les détails préservés. Même posées un peu généreusement, les couches s’affinent en séchant et laissent ressortir les détails de la figurine. Un vrai confort pour les débutant·e·s, qui peuvent avoir tendance à trop charger le pinceau.
  • Parfaite pour les éclaircissements. La texture fluide et opaque rend les liserés faciles, directement sortie du pot, sans avoir besoin de diluer. C’est là, selon nous, que cette gamme Tone Pro brille le plus, tout comme pour le brossage à sec.

Ce qui nous plait moins

  • Le pot. Il me semble que la communauté réclame des flacons compte-gouttes depuis des années, et Games Workshop garde ses pots à couvercle, qui retiennent la peinture dans le bouchon et la font sécher prématurément. Pire encore, la gamme Tone Pro est bien plus liquide que les Layer, le moindre pot renversé se vide en quelques secondes.
  • Le prix. Avec un prix de 5,50chf le pot de 12 ml, il s’agit sans doute de la peinture pour figurines la plus chère du marché au millilitre. Par rapport à la gamme Citadel classique, le prix au millilitre est augmenté de quasi 50 %.
  • Pas l’outil idéal pour tout. La pigmentation très dense complique les glacis et les fondus : il faut beaucoup diluer ou passer par un médium pour obtenir de la transparence. La finition satinée voire légèrement brillante sur certaines teintes ne plaira pas à tout le monde, même si un vernis mat peut régler la question. Enfin, sur quelques couleurs (les jaunes notamment), les 5 tons sont si proches que deux ou trois pots suffisent.

Notre verdict

Tone Pro est une très bonne peinture, et clairement un progrès par rapport à la gamme Citadel habituelle. Elle n’invente rien, mais elle réunit couleurs vives, bonne couvrance et texture régulière dans un système facile à prendre en main. Elle s’adresse surtout à celles et ceux qui peignent des armées et veulent un résultat propre rapidement, ainsi qu’aux débutant·e·s qui cherchent des repères.

Notre conseil pour dépenser mieux plutôt que plus : ne vous lancez pas dans la gamme entière. Prenez deux ou trois teintes là où vos peintures actuelles peinent (le blanc et les rouges sont excellents), privilégiez les tons du milieu, les plus saturés, et voyez si elles vous apportent vraiment quelque chose.